LE SOIR - Actualité économique Lundi (21 février 2000)

Visite au Milia, le marché international du multimedia La Wallonie interactive au soleil de Cannes


A
vec seize degrés et un joli soleil sur une mer d'un vrai bleu, Cannes s'offrait la semaine passée un avant-goût de belle saison. Au Milia, le marché international des contenus interactifs, le microcosme du multimédia goûtait par avance le futur du divertissement interactif. Alors que Ronaldo était venu soutenir "le football Samba sur play-station", l'adorable Pingu rappelait que sa dégaine de pingouin servait aussi les jeux éducatifs de la BBC.
Les francophones de Belgique s'étaient logés serrés: communautés et régions, entreprises et labos universitaires réunis sur un espace commun, à côté des cousins du Québec.
Casterman était notamment de la partie. L'éditeur tournaisien, désormais filiale de Flammarion, a son site web depuis deux ans - un médium de marketing qui attire chaque mois 218.000 visiteurs , précise Jacques Simon, directeur général. A Cannes, Casterman est à l'affût de technologies qui feront passer ses héros dans l'ère du multimédia. Nous souhaitons notamment réactiver le magazine "A suivre" mais exclusivement sur le Net. Le magazine perdait de l'argent et le concept - des bandes dessinées en feuilleton - est dépassé. A suivre.com devrait être un portail dédié à la communauté des bédéphiles, offrant des bandes dessinées mais aussi des news, du chat, du commerce électronique et une bonne dose d'interactivité.


"A SUIVRE"RESSUSCITÉ?

Paroles, paroles? Ce n'est pas l'avis du professeur Mack, du laboratoire tele (télécommunications et télédictions) de l'UCL, à l'origine de la spin-off telemis, spécialisé dans l'imagerie médicale. Grâce à la technologie du tele, une échographie réalisée à Chimay peut être analysée en temps réel à l'hôpital universitaire de Montgodinne. Telemis a déjà vendu six installations e ce type en Belgique , précise le professeur, qui est à Cannes surtout pour défendre son nouveau poulain Alterface, dédié à la télévision interactive. Xavier Marichal, le gestionnaire du projet et, espère-t-il, futur entrepreneur, explique: Imaginez que vous regardez un écran publicitaire vantant les vacances à la plage et tout à coup vous vous voyez sous les cocotiers... Et si vous préférez l'univers de Schuiten, l'auteur de bandes dessinées, nous pouvons vous y plonger de même, explique-t-il.
A deux pas, les Montois de Babel technologie - une spin-off de la polytech, spécialisée dans la reconnaissance vocale - et les Namurois de l'Ecole de langue vivante des facultés Notre-Dame présentent leurs projets complémentaires - des logiciels d'apprentissage du néerlandais parlé. Casque sur la tête, micro en position, vous dites "goeie morgen". Appréciation de l'ordinateur: "vous avez prononcé le deuxième g comme un g francophone non comme un g néerlandophone".
Sur le même stand, les responsables d'I-Base, encore des Montois, offrent le prêt-à-porter du Web. L'entreprise, fondée il y a un an et demi, a développé un logiciel qui permet à une PME de bâtir un site Web selon une procédure standardisée. L'entreprise ne doit pas déployer d'énormes moyens informatiques et financiers; elle peut aussi modifier les données, changer les photos elle-même et adapter son site en temps réel , expliquent les patrons d'I-Base.
Un peu plus loin, un gros baraqué au visage carré vante les mérites de la "toon machine", un kit d'animations de personnages de synthèse en temps réel développé par la société liégeoise Neuroplanet (ex-Neurones animation). Vous l'aurez deviné c'est un personnage virtuel. Son cousin Doc Toon divertit des petits malades dans des services de pédiatrie et un autre personnage dessiné par nos infographes donne la réplique à l'animateur d'une émission télé de la télévision suisse pour enfants, confient fièrement les responsables de l'entreprise.

DOMINIQUE BERNS