BaBel Technologies: une expertise dans le traitement du son

(L'Echo, 04 février 1998)

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D'ici l'an 2000, une partie des chercheurs engagés à travers le pôle d'excellence «Multitel» (Faculté polytechnique de Mons) devrait pouvoir intégrer la nouvelle société commerciale.

BaBel Technologies, dont les bureaux sont actuellement logés à la Faculté polytechnique, a été constituée en société anonyme voici un peu moins d'un an par sept jeunes ingénieurs tous issus du laboratoire de théorie des circuits et du traitement du signal (TCTS) de cette institution universitaire, laboratoire que dirige le professeur Henri Leich.

Une initiative originale pour cette institution supérieure montoise (si l'on excepte Opticable-Frameries, dont l'origine se situe également dans un labo de la Polytech), qui a d'ailleurs, dès l'origine,financièrement soutenu le projet de la «spin-off» BaBel Technologies en conservant encore aujourd'hui 8% du capital social de la société, qui s'élève à 5 millions de BEF.

Pour Olivier Van der Vrecken, doctorant à la Polytech mais directement impliqué, après ses heures, dans BaBel Technologies où il exerce depuis peu la présidence du conseil d'administration, la société, dont la vocation première est de transposer et de commercialiser des recherches en techniques de traitement de la parole et du son, n'aurait pu naître sans les moyens financiers additionnels (près de 150 millions de BEF!) apportés depuis 1994 au TCTS par les programmes walloeuropéens de l'Objectif 1. «Les recherches sur la reconnaissance vocale ou encore la compression des signaux pour optimaliser leur stockage sur support magnétique sont extrêmement coûteuses et obligeront d'ailleurs toujours BaBel Technologies à conserver un lien très direct avec le département du Pr Leich», explique cet ingénieur qui, avant de revenir à Mons pour préparer sa thèse de doctorat, a travaillé trois ans chez Lernout & Hauspie, actif dans le même secteur que BaBel, la firme d'Ypres visant toutefois davantage les marchés de masse pour ses équipements.

Commercialisation par Internet

Le mode de fonctionnement de la «spin-off», dont à ce jour l'ingénieur Vincent Fontaine est le seul à figurer sur le pay roll, consiste à racheter des licences pour des produits développés, essentiellement depuis 1994, par la dizaine d'ingénieurs engagés dans les labos du Pr Leich grâce aux crédits européens. Le chiffre d'affaires généré par la commercialisation de ces produits sert en partie, au terme d'une convention, à assurer le financement de nouveaux programmes de recherche au sein du TCTS. La plus belle réussite commerciale à ce jour est le synthétiseur vocal Mbrola - pour Multi Ban Resynthesis OverLapp Add technique - qui transforme, sans entrer dans les détails, des commandes phonétiques en parole, différentes versions existant à ce jour en français, allemand, anglais, espagnol, néerlandais, roumain, portugais et suédois. Ce produit, faute pour la «spin-off» de disposer d'une force de vente propre, n'a été présenté et vendu qu'à travers un site créé pour le réseau Internet. Mbrola a déjà été acheté, pour des applications les plus diverses (serveurs vocaux, éditions de logiciels...) , par l'opérateur télécom suédois Telia, la société allemande Tolsdorf GmbH, la firme brésilienne Micro Power ainsi que Fluency NV aux Pays-Bas, la SNCF et l'Agence France Press testant actuellement le produit.

D'autres licences, pour le codage de la parole et de la musique ou encore la reconnaissance de la parole pour des applications comme le «Voice Dialing», qui remplace en fait la mémoire téléphonique, viennent d'êtres acquises et sont sur le point d'être commercialisées par BaBel Technologies. Un marché du traitement de la parole et du son qui est en pleine explosion aujourd'hui, les besoins recensés se situant tant dans les services téléphoniques que la mobilophonie, les serveurs vocaux (consultation de bases de données) ou encore le multimédia pour des commandes ou dictées vocales.

Hugo LEBLUD